Deux personnes souriantes portant des tenues festives avec des accessoires et des confettis autour d'elles
Un ciel bleu clair avec quelques nuages blancs dispersés

L’ALCAZAR Paris, un lieu mythique

L’histoire

Certaines adresses ont une histoire. L’ALCAZAR a une légende.

Au 62, rue Mazarine, les époques se sont succédé sans jamais effacer la vocation profonde du lieu : réunir, divertir, surprendre et faire circuler les idées.

Des premières vies du bâtiment aux nuits flamboyantes de Jean-Marie Rivière, des artistes révélés sur sa scène aux personnalités venues s’y retrouver, l’ALCAZAR appartient à la mémoire de Saint-Germain-des-Prés.

Une maison où Paris s’est montré sous son visage le plus libre.

Et dont l’histoire n’a jamais cessé de se transformer.

Un homme en costume est assis à un bureau, les mains jointes, dans un espace de travail rempli de livres et de documents
AUX ORIGINES

Bien avant les nuits de l’ALCAZAR

L’histoire du 62, rue Mazarine commence plusieurs siècles avant l’apparition des premières plumes.

Au XVIIe siècle, l’endroit accueille un jeu de paume : un espace où l’on vient déjà se divertir, se rencontrer et se montrer.

Le bâtiment connaît ensuite une autre existence, liée à l’imprimerie et à la diffusion des idées.

Le spectacle n’est pas encore entré en scène, mais le lieu possède déjà ce qui marquera son identité : le mouvement, la sociabilité et une certaine effervescence parisienne.

Il faudra attendre le XXe siècle pour que cette histoire prenne une tournure plus nocturne. Et nettement plus flamboyante.

Trois personnes en l'air dans un cadre lumineux, tenant des raquettes, probablement en train de jouer au badminton
LE DEBUT D’UNE LEGENDE

1968 : Jean-Marie Rivière réveille la rue Mazarine

En 1968, Jean-Marie Rivière ouvre les portes de l’ALCAZAR de Paris.

Comédien, metteur en scène et directeur de music-hall, il possède un sens instinctif de la fête.

Reconnaissable à ses costumes blancs, il ne se contente pas de produire des spectacles : il imagine des univers, compose des tableaux et fait de chaque soirée une expérience dont les clients deviennent eux-mêmes les acteurs.

Sous son impulsion, l’ALCAZAR s’affranchit des conventions du cabaret traditionnel. Les numéros mêlent chant, danse, humour, provocation et métamorphose.

Les costumes troublent les apparences. Les artistes jouent avec les identités et renversent les rôles.

Avec des revues comme Les Dessous de la nuit, Jean-Marie Rivière invente une autre manière de vivre le music-hall : plus libre, plus audacieuse et profondément ancrée dans son époque.

L’ALCAZAR ne ressemble alors à aucun autre lieu. Très vite, beaucoup chercheront à lui ressembler.

Un groupe de danseurs en tutus exécute une chorégraphie sur scène sous des projecteurs

Une scène de liberté

À l’ALCAZAR, la métamorphose n’est pas un simple effet de scène. Elle devient un langage.

Dans le Paris de la fin des années 1960, le cabaret offre un espace rare à des artistes qui bousculent les représentations et refusent les identités trop sages.

Sur scène comme dans la salle, les frontières s’effacent entre les genres, les générations et les milieux. On vient voir le spectacle, mais aussi découvrir une société plus libre, plus exubérante et plus ouverte que celle qui attend à l’extérieur.

Le lieu devient un refuge pour les esprits indépendants, un laboratoire de création et l’un des grands rendez-vous de la rive gauche.

Célébrités et anonymes partagent les mêmes nuits, dans une atmosphère où chacun peut observer les autres et choisir, pour quelques heures, de devenir quelqu’un d’autre.

À l’ALCAZAR, la liberté n’était pas annoncée. Elle entrait simplement en scène.

Deux personnes souriantes portant des tenues festives avec des accessoires et des confettis autour d'elles
LES ICÔNES DE LA RUE MAZARINE

Marie-France, Dani et les figures de la nuit

L’ALCAZAR attire les personnalités déjà célèbres, mais il sait aussi en révéler de nouvelles.

En 1969, à seulement 18 ans, Marie-France rejoint le cabaret.

Entre humour et glamour, elle y façonne pendant près de quinze ans une silhouette singulière, notamment à travers son incarnation de Marilyn Monroe.

Chanteuse, actrice et figure avant-gardiste, elle devient l’un des visages les plus emblématiques de la maison.

À ses côtés, Dani impose une meneuse de revue androgyne, espiègle et profondément moderne. Sa coupe à la garçonne, son allure et son jeu séduisent le Tout-Paris.

D’autres artistes participent à ces années flamboyantes. Dalida monte notamment sur la scène de l’ALCAZAR dans le rôle de Sally Bowles, héroïne de Cabaret.

Le cinéma s’empare lui aussi du décor : en 1973, le réalisateur Rainer Werner Fassbinder y tourne plusieurs scènes du Monde sur le fil.

La maison n’accueille pas seulement son époque. Elle contribue à lui donner un visage.

Une série de silhouettes de danseuses en mouvement, éclairées par des projecteurs, dans un cadre sombre.
L’histoire · depuis 1968

Le monde entier passe par la rue Mazarine

Au fil des années, l’ALCAZAR devient l’un des rendez-vous les plus courus des nuits parisiennes.

Les artistes de la maison se produisent sous les regards de Joséphine Baker, Liza Minnelli, David Bowie, Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Gina Lollobrigida, Marisa Berenson ou Roger Vadim.

Certaines soirées entrent directement dans les archives. Le 20 novembre 1969, Duke Ellington vient y célébrer son 70e anniversaire. En 1972, Liza Minnelli pose aux côtés de Jean-Marie Rivière.

David Bowie rejoint l’ALCAZAR après son concert parisien en 1976. Trois ans plus tard, le groupe Queen y reçoit un disque d’or avant de se produire sur scène.

Mickey Rooney, Charles Bronson, Peter Fonda, Sergio Leone, Marcello Mastroianni, Catherine Deneuve, Serge Gainsbourg et Jane Birkin comptent également parmi les visages immortalisés rue Mazarine.

Ils ne viennent pas seulement assister à une revue. Ils viennent rejoindre une nuit dont tout Paris parlera le lendemain.

Un groupe de personnes en tenue formelle célèbre avec des guirlandes de papier, certains sourient et semblent joyeux
Johnny Hallyday & Sylvie Vartan
Duke Ellington 70 ans
Trois personnes assises à une table festive, l'une d'elles tenant une bouteille de champagne Moët et Chandon
David Bowie
Six personnes posent ensemble devant un fond métallisé, certaines sourient et gesticulent
Dalida
Deux musiciens sur scène, l'un chante au micro et l'autre joue de la guitare électrique, sous des projecteurs en forme de points lumineux
LA LEGENDE TRAVERSE L’ATLANTIQUE

De Paris à Las Vegas

La réputation de l’ALCAZAR dépasse bientôt les frontières de Saint-Germain-des-Prés.

En 1980, la maison traverse l’Atlantique. Artistes, costumes et décors rejoignent le Desert Inn de Las Vegas pour un spectacle exceptionnel.

Cette aventure confirme le rayonnement international d’un cabaret parisien dont l’esthétique, l’audace et le goût de la métamorphose ont inspiré bien d’autres scènes.

L’ALCAZAR appartient désormais à une certaine mythologie de la nuit : celle des lieux dont le nom suffit à faire apparaître les lumières, les silhouettes et les souvenirs.

Ce que l’histoire raconte. Et ce que la légende préfère garder pour elle.

Un lieu aussi intensément vécu finit toujours par produire ses propres récits.

Jacques Brel inscrit l’ALCAZAR dans la culture populaire en le citant dans Les Remparts de Varsovie. D’autres histoires, plus troubles, circulent de nuit en nuit.

La plus célèbre concerne Jim Morrison et le Rock’n’Roll Circus voisin. Elle raconte le passage du chanteur dans les coulisses et les couloirs reliant les établissements au soir de sa mort. Cette version n’a jamais été établie et doit rester ce qu’elle est : une légende de la nuit parisienne.

L’ALCAZAR n’a pas besoin que tous ses récits soient vrais pour avoir marqué les imaginaires.

Mais son histoire gagne à ne jamais confondre les faits avec les ombres qu’ils ont laissées derrière eux.

Cinq hommes posent devant une enseigne lumineuse "L'Alcazar Die Paridis" avec des disques d'or et de platine à leurs pieds.
TOUJOURS EN MOUVEMENT

Un lieu qui n’a jamais cessé de changer

À mesure que Paris évolue, l’ALCAZAR se réinvente.

En 1998, le designer britannique Sir Terence Conran transforme l’ancien cabaret en une grande brasserie contemporaine.

Sous la verrière de douze mètres, on continue de dîner, de se retrouver et de faire vivre la nuit, dans un décor désormais plus épuré.

En 2015, l’architecte d’intérieur Laura Gonzalez imagine une nouvelle métamorphose. Velours, paravents de bronze, art contemporain et végétation abondante redessinent la salle dans l’esprit d’un jardin suspendu.

Les décors changent. Les usages aussi. Mais l’ALCAZAR demeure un lieu où la table, l’architecture et la vie parisienne se rencontrent.

Avec Walter Butler

Une nouvelle page s’écrit

Entrepreneur et investisseur, Walter Butler fonde Butler Industries en 1991 après un parcours dans la haute fonction publique et la finance. Depuis plusieurs années, il développe également un ensemble de maisons liées à l’art de vivre français, aujourd’hui réunies au sein de Butler Collection.

Cette « maison de maisons » rassemble des adresses et des marques qui cultivent chacune une identité forte, de la gastronomie au spectacle en passant par l’hospitalité. Pierre Hermé Paris, L’Ambroisie et le Paradis Latin comptent parmi ses signatures les plus connues. L’ALCAZAR rejoint à son tour cette collection, avec une même volonté : préserver ce qui fait le caractère d’un lieu tout en lui donnant les moyens de continuer à vivre avec son époque.

Rue Mazarine, il ne s’agit donc pas de rejouer les années 1970. La maison retrouve la scène, la musique, la table et la fête, en conservant de son histoire ce qui reste le plus actuel : l’esprit de liberté, le goût de l’audace et une certaine idée de la nuit parisienne.

Les artistes ont changé. Paris aussi.

Mais le rideau se lève toujours au 62, rue Mazarine.